Conférence Musée Hôtel-Dieu

Du bon usage des snobs : quand le goût du luxe fait circuler l’art

Et si la quête d’objets rares pouvait contribuer à rendre l’art accessible au plus grand nombre ? Le mercredi 28 octobre 2026 à 19h30, le Musée de l’Hôtel-Dieu à Porrentruy vous invite à explorer ce paradoxe lors de la conférence « Du bon usage des snobs », présentée par Brian Foster, collectionneur et ancien galeriste.

Au début du XXe siècle, des éditeurs et des artistes allemands cherchent à concilier beauté du livre, prestige des éditions et diffusion des images. Autour de Julius Meier-Graefe et de la Marées-Gesellschaft, les moyens des amateurs fortunés soutiennent des projets ambitieux, où la reproduction devient un outil de transmission artistique.

Des beaux livres allemands aux estampes japonaises ukiyo-e, jusqu’à Coghuf et à ses œuvres destinées aux lieux publics, cette conférence propose un voyage entre désir de posséder et plaisir de partager. Avec une question toujours actuelle : faut-il posséder une œuvre pour en apprécier la beauté ?

Un rendez-vous pour les passionnés d’art, les amateurs de livres et tous les curieux.

La collection Foster

Le bon usage des snobs

Le snob aime ce que les autres ne possèdent pas encore : une édition rare, un papier précieux, un exemplaire signé. Dans le monde de l’art, ce désir de distinction peut faire sourire. Il peut aussi devenir une ressource.

C’est tout le paradoxe du « bon usage des snobs » : mobiliser le goût de l’exclusivité pour soutenir une ambition de partage. L’achat d’un objet prestigieux peut contribuer à rémunérer les artistes, à financer des techniques d’impression exigeantes ou à rendre possibles des publications destinées à un public plus large. Le collectionneur recherche la rareté ; l’éditeur peut transformer cet intérêt en moyens de création et de diffusion.

Cette rencontre entre prestige et transmission traverse l’histoire du livre et de l’estampe. Elle pose toutefois une question essentielle : le financement obtenu permet-il réellement aux images de sortir du cercle des privilégiés ?

Faire bon usage du snobisme suppose donc de construire ce passage. Une collection prêtée, une reproduction accessible, un livre disponible en bibliothèque donnent au plaisir de posséder une portée collective. Derrière la provocation du titre se dessine ainsi une invitation : regarder ce que notre amour des beaux objets peut rendre possible pour les autres

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